Comment peut-on créer un index, à la fois utile, exempt de faux renvois et sans avoir préalablement passé son diplôme d’ingénieur au MIT ?!

Il va falloir s’y faire : bien faire implique de prendre du temps. C’est pourquoi j’ai choisi de vous donner un peu du mien pour vous faire économiser un peu du vôtre.

Les index ne font pas exception à la règle. Au contraire, l’utilité du résultat est proportionnelle au temps passé à sa réalisation.

Qu’est-ce qu’un index ?

À quoi ça sert ?

Au risque de rappeler une évidence, l’index est donc une liste alphabétique des sujets traités et/ou des noms étudiés ou cités dans un ou des ouvrages, accompagnés de références permettant de les localiser. Il est à distinguer de la table des matières localisant l’entrée des différentes sections de l’ouvrage, ainsi que des concordances faisant le lien entre les différentes manières possibles de citer les items.

On ne se laissera pas influencer par l’anglais qui connaît les pluriels indexes et indices, contrairement à l’usage du français qui préférera l’invariable “index” au singulier comme au pluriel.

Quels types d’index ?

Le plus connu reste l’index thématique qui rassemble les sujets traités dans le volume et permet de regrouper sous un terme générique différents synonymes et des sous-catégories spécifiques.

Il est important de ne pas confondre cet index fondé sur les associations d’idées avec des index des noms communs et des noms propres, dont les entrées correspondront au lemme utilisé dans le volume.

Dans l’index locorum seront rassemblées les sources citées (sources littéraires, épigraphiques, papyrologiques, manuscrites…). Il ne s’agit donc pas de l’index des noms de lieux (erreur de débutant fréquente).

À cela vous pouvez encore ajouter des catégories spécifiques, comme un index des noms scientifiques de plantes ou un index des mots cités dans une langue spécifique (index des mots grecs)… voire créer votre propre index qui complétera la consultation de votre ouvrage et en fera un véritable outil pratique.

Les pièges

Gardez toujours à l’esprit les contraintes matérielles de l’ouvrage.

  • Tous les types d’index ne peuvent convenir à votre ouvrage dans la mesure où celui-ci ne contient peut-être pas le matériel nécessaire. Vous devrez atteindre un nombre significatif de mots pour que celui-ci soit considéré comme utile et intéressant. Par exemple : mon mari rêve d’une cheminée ouverte géante dans le salon… qui ne fait que 3 mètres de largeur… de laquelle doit être retirée celle du canapé… de même que la zone de sécurité pour un passage sans brûlure… Vous me suivez ? C’est beau, ce serait génial, mais pas ici ! Reconsidérons le petit poêle à granulés design qui sera, lui en revanche, parfait pour notre intérieur. Votre ouvrage est notre intérieur, votre index, notre poêle.
  • Avez-vous droit à un nombre limité de pages pour celui-ci ? (à voir avec votre éditeur ou votre banquier).

Ne vous laissez donc pas guider par vos envies, soyez (même juste pour cette fois) pragmatique !

Quelques conseils

Pour un index thématique d’un volume de 250 pages, il faut compter environ 25 heures de travail, alors voici quelques petits conseils et outils.

Étape 1 : si c’est de votre ressort, uniformisez au maximum le volume !
Il n’y a rien de pire que devoir réaliser un index locorum quand chaque référence suit un modèle différent. Ce travail de fond rendra le volume plus agréable à lire et accélérera grandement la réalisation des index.

À l’ancienne ou presque…

Étape 2 : lecture et retranscription. Ah ben si, il faut lire l’ouvrage, y a pas le choix…

L’expérience m’a montré qu’une méthode hybride entre manuelle et automatisée était la plus fiable avec un très bon rapport temps dépensé / qualité de l’outil. (Si seule l’automatisation vous intéresse, passez à la section suivante).

Dans un fichier, notez chaque mot qui vous semble pertinent dès la première lecture. Il sera certes plus facile d’en éliminer certains que de relire le volume, néanmoins, pour en gagner plus tard, prenez le temps de réfléchir à la pertinence du terme sélectionné. Cette première étape peut être longue pour être faite soigneusement, alors soyez systématique !
Si l’ouvrage est rédigé dans plusieurs langues, notez directement les mots dans chaque langue, Google Traduction ne sera pas votre ami plus tard !
Faites un fichier par index, dans un premier temps au moins, mais ne vous inquiétez pas de l’ordre alphabétique.

Étape 3 : par une simple recherche dans le document, relevez les occurrences, mais faites attention aux homographes !

Des outils pour automatiser tout ça ?

Nous sommes au 21e siècle, il est donc possible d’automatiser une partie du travail, tant dans un document Word qu’un PDF.

Une fois le fichier créé, il vous faudra repasser toutes les occurrences pour éliminer celles qui ne sont pas pertinentes. Par exemple : si vous souhaitez créer une entrée “cité” renvoyant à la “cité” grecque, quoiqu’il vous soit possible de créer une concordance permettant d’inclure dans le traitement automatique le pluriel ou le mot polis (en grec translittéré), il vous faudra ensuite éliminer les occurrences du verbe “citer” au participe passé, ainsi que toutes les expressions utilisant ce mot, mais sans lien avec le thème traité (“avoir droit de cité”). En outre, dans le cas de volumes collectifs, il faudra envisager le mot dans toutes les langues qui y sont employées, avec les périphrases et synonymes qui ont pu être utilisés…

En bref, vous l’aurez compris, je ne recommanderais pas l’automatisation des index pour des ouvrages universitaires par exemple, du type actes de colloques et mélanges, voire même des thèses en Lettres.

Des détails, petits, mais féroces…

  • Ne vous limitez pas au corps du texte. Certaines informations reléguées en notes pour des questions de place ou de cohérence du texte sont souvent tout à fait intéressantes.
  • Pour les renvois à une note de bas de page, préférez l’exposant qui permet de réduire considérablement le nombre de caractères.
  • Repassez l’index, comme si vous en étiez l’utilisateur et non le créateur. Changer de perspective permet de mieux voir ses erreurs.
  • Même si j’aime travailler “à l’ancienne”, je travaille en dématérialisé… Pensez aussi à la nature !

Pour gagner un temps précieux, heureusement, vous pouvez toujours déléguer cette tâche chronophage à un travailleur indépendant.

À titre indicatif, vous pouvez télécharger ici un exemple de cahier des charges pour la réalisation d’index MdH-Edition pour un volume de 300 pages.
Toutefois, comme chaque volume a ses caractéristiques propres et chaque auteur ses contraintes (voir ci-dessus “les pièges”), vous devez toujours bien préciser vos besoins afin qu’un forfait réaliste soit établi.

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